Titre
: Soul behind the Face
Auteur : Sayana
Base : Les Vacances de l'Amour
Note : Une idée qui m’a traversé l’esprit et
ne m’a plus quittée jusqu’à ce que je la mette par
écrit. J'espère que vous apprécierez cependant ce texte
assez court.
Disclaimer : Les personnages de LVDLA appartiennent à JLA and
Co. Le titre de la fic est celui d'une chanson de Scorpions.
Soul behind the Face
-
Mais qu’est-ce qu’il m’arrive, Hélène ? Où
est donc passée la douce et réservée Laly d'autrefois ?
J’ai vraiment l’impression d’être devenue un monstre
…
A ces mots, Laly éclata en sanglots incontrôlables, comme si toute
la tension qui s'était accumulée en elle s’évacuait
brusquement, presque à son insu. Elle suffoquait tellement qu’elle
ne parvenait plus à prononcer un seul mot.
Profondément émue par la détresse de son amie qui se montrait
rarement sous un aspect aussi vulnérable, Hélène secoua
vivement la tête.
- Allez, calme-toi ma Laly, je n‘aime pas te voir dans cet état.
Je ne sais pas quel est ton problème exactement, mais tu n’as pas
le droit de parler de toi comme ça. Tu es l’une des personnes les
plus sincères et passionnées que je connaisse, et ces qualificatifs
ne font pas de toi un monstre, loin de là. Un être un peu extravagant,
peut-être, mais en tout cas pas un monstre …
Cette boutade accompagnée d'un petit sourire complice fit hoqueter Laly
qui sembla s’apaiser un peu. Elle se força à respirer un
grand coup, essuyant ses yeux avec la manche de son pull et reniflant comme
une petite fille.
- Tu es gentille, Hélène, mais je ne me reconnais plus. C’est
vrai, quoi, qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Je n’ai jamais eu
de chance en amour, la mort de Ludovic, la trahison de Sébastien, la
lâcheté d’Antonio … J’en ai souffert pendant
des années, même si je n’en parlais pas forcément
tout le temps ouvertement. Et maintenant que j’ai enfin tout pour être
heureuse, je suis en train de tout gâcher ...
Laly ne put continuer sa phrase et se remit à pleurer, mais Hélène
l’interrompit doucement, pensant avoir deviné ce qui chagrinait
ainsi la jeune femme.
- C’est Stéphane ?
Incapable de répondre, Laly hocha la tête en redoublant de larmes.
Son amie attendit qu’elle se calme un peu avant de poursuivre.
- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Oh, c’était affreux, Hélène ! En fait, au départ,
il ne s’est rien passé de particulier. Rien d’autre que ce
qui fait notre quotidien. Stéphane n’avait pas fini de préparer
Diego pour l’emmener à la crèche, et je me suis emportée
contre lui parce que j‘avais peur qu‘ils soient en retard. Tu sais
à quel point la directrice de l’établissement est stricte
sur ce point. Ils avaient pourtant encore largement le temps avant de partir,
mais je ne sais pas pourquoi, je me suis mise en colère et j’ai
commencé à invectiver Stéphane assez durement. Il avait
beau essayer de m'expliquer calmement qu'il était inutile de se presser
vu l'heure, je n'écoutais pas. Au contraire, son ton posé m'énervait
encore plus. Mes mots ont alors fini par dépasser ma pensée. Et
c’est là que …
Laly s’interrompit à nouveau, ses yeux amèrement embués.
- C’est là que j’ai vu le regard de Diego posé sur
moi. Empli de peine … De reproches … D’incompréhension
… Il s’est précipité dans les bras de Stéphane
et l’a serré très fort. Comme s’il voulait le protéger.
Le protéger de moi … Tu te rends compte, Hélène ?
Mon fils a eu ce geste de protection contre moi, sa propre mère, alors
que Stéphane n’est même pas son père … Et le
pire, c’est que ce tout petit bonhomme dégageait tellement de maturité
face à mon attitude que je me suis sentie totalement nulle. Ca m’a
laissé sans voix. Et tout le temps qu’ils ont mis à finir
de se préparer, je l’ai passé les bras ballants et le cœur
brisé, sans bouger, sans plus savoir que faire. Je les ai regardés
partir ensuite sans esquisser le moindre geste, et ils ont franchi le seuil
de la maison main dans la main, sans se retourner, sans plus un regard pour
moi. Oh Hélène, ça m’a fait tellement mal …
La voix de Laly s’était assourdie au fur et à mesure de
ses paroles, au point de n’être plus qu’un douloureux murmure.
Mais elle se reprit aussitôt.
- Hélène, je me suis comportée comme un monstre sans cœur.
Pourquoi a-t-il fallu que ce soit mon fils, mon petit garçon, qui me
fasse prendre conscience de l’ignominie de mon comportement envers Stéphane
? Pourquoi je ne me suis jamais rendu compte du mal que je leur faisais à
tous les deux en agissant ainsi ? Et Stéphane qui m’a toujours
laissée faire sans réagir, qui n’a jamais rien dit de sa
souffrance … Ou plutôt si, il l’a si souvent exprimée
mais je n’ai jamais voulu l’entendre … Maintenant que j’y
repense, c’était pourtant évident … Pourquoi je n’ai
rien compris ? Je me sens tellement coupable, tellement égocentrique,
tellement … Tellement …
- Tellement perdue ?
Hélène avait laissé son amie parler sans intervenir, car
elle sentait que Laly avait besoin de vider tout ce qu‘elle avait sur
le coeur. Mais elle ne put s’empêcher pourtant de corriger sa dernière
phrase.
- Perdue ? Tu crois vraiment ? s’étonna l’intéressée.
- C’est en tout cas l’impression que tu me donnes, confirma la jeune
femme devant le regard dubitatif de Laly. Tu l’as dit toi-même tout
à l’heure, tu as tout pour être heureuse, et pourtant tu
fais tout pour refuser ce bonheur qui s’offre enfin à toi. Diego
aime Stéphane, il te l’a montré ce matin. Et Stéphane
aime suffisamment Diego pour supporter toutes tes … injustices, je préfère
employer ce terme. C’est vrai, tu es souvent injuste envers Stéphane,
mais je pense que c’est parce que tu as peur de l’importance qu’il
a pris dans la vie de ton fils, et dans la tienne par la même occasion
... Tu es injuste avec lui parce que tu as peur de la relation qu’il ont
construit ensemble … Et tu es injuste avec Stéphane parce que tu
as peur des sentiments qui t’unissent à lui presque malgré
toi. Je me trompe ?
Seul un silence troublé lui répondit. Laly semblait complètement
perdue dans ses pensées, les yeux dans le vague, fixant sans le voir
un point dans le lointain.
- Laly, ta réaction montre que tu tiens à Stéphane, plus
que tu ne veux te l’avouer. Tu te sens coupable d’avoir été
si dure avec lui, de l‘avoir fait souffrir sans t’en rendre vraiment
compte, ainsi que Diego qui a subi cette situation pendant des mois sans que
tu le veuilles. Mais tu t’en veux aussi pour tout le temps que tu as mis
avant de t’apercevoir de tes sentiments réels, alors qu‘ils
sont si flagrants. C’est surtout ceci à mon avis qui te trouble
le plus. Tu aimes Stéphane, c’est évident. Alors, ne perds
plus de temps, arrête de te poser des questions et fonce, profite de chaque
instant qui t’est offert. Ne passe pas à côté de ta
vie, elle peut être tellement belle si tu t’en donnes les moyens
…
Le visage de Laly s’éclaira enfin d‘un sourire radieux. Pour
la première fois depuis bien longtemps, elle se sentait rassurée.
Et elle savait ce qu’il lui restait à faire.
- Tu as raison, Hélène. J’ai été totalement
aveugle et stupide pendant tous ces mois. Mais tu m’as enfin ouvert le
yeux. Et maintenant, j’ai bien l’intention de trouver une façon
d’arranger la situation. D’ailleurs, tu sais quoi ? A l’heure
qu’il est, Stéphane doit être rentré du boulot et
il est probablement en train de m’attendre à la maison avec Diego.
Je crois qu’il est temps que je retourne auprès de ma petite famille
!
Hélène approuva cette sage décision d’un petit mouvement
de tête.
- C’est bien, ma Laly, je suis sûre que tout va bien se passer maintenant.
Et je te souhaite tout le bonheur du monde avec Stéphane, tu le mérites
amplement.
- Merci Hélène, je savais que j’avais raison de venir me
confier à toi. Tu m’as aidée à y voir plus clair,
et je ne t’en remercierai jamais assez. Tu resteras toujours ma meilleure
amie, tu sais.
La brésilienne caressa doucement la joue de son amie, lui transmettant
par là son immense sentiment de gratitude.
Puis elle tourna les talons et regagna lentement la sortie du cimetière.
Derrière elle, la photo d'Hélène souriait tendrement à
son amie qui s’éloignait, tandis qu'un rayon du soleil couchant
illuminait les lettres dorées qui ornaient sa tombe ...
FIN